4 juillet 2017

[Mgr de Galarreta, fsspx - Saint-Nicolas du Chardonnet] La fécondité de la foi

SOURCE - Mgr de Galarreta, fsspx - Saint-Nicolas du Chardonnet - transcription par Le Chardonnet - 11 juin 2017

Très chers confirmands, très chers fidèles,
   
L’Évangile nous rapporte comment Notre-Seigneur a demandé aux Apôtres, après sa résurrection, juste avant l’ascension aux cieux, de rester à Jérusalem afin de recevoir le Promis du Père et afin d’être revêtus de la force d’en haut, de la force du Ciel. Et Notre-Seigneur ajoute  : «  Lorsque le Saint-Esprit descendra sur vous, vous recevrez la force et vous serez mes témoins, à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.  » Or, précisément, à la confirmation, nous recevons ce que les Apôtres ont reçu le jour de la Pentecôte.
   
Le Catéchisme de saint Pie  X résume les dons de ce sacrement en disant qu’il a été institué par Notre-Seigneur, premièrement pour nous donner le Saint-Esprit – c’est le don du Saint-Esprit –, deuxièmement pour faire de nous de parfaits chrétiens. Et finalement, c’est le but de ce sacrement : nous établir comme des soldats de Notre Seigneur Jésus-Christ.
   
La confirmation est avant tout la transmission, le don, et donc la réception du Saint-Esprit, et ceci d’une manière plénière, parfaite. Le confirmé possède le Saint-Es- prit, car s’il y a un don, il y a de votre part une possession, un droit de possession et un droit de jouissance. Ce sont les paroles mêmes de saint Thomas d’Aquin. S’il y a une possession, on peut en jouir autant qu’on veut, selon nos dispositions, mais en même temps, il y a une inhabitation. Puisque nous recevons le Saint-Esprit lui-même, nous sommes les demeures et les temples du Saint-Esprit. Et en même temps le Saint-Esprit à la confirmation répand ses perfections, ses dons, ses grâces.
   
Le baptême est une sorte de régénération dans l’ordre spirituel, surnaturel ; mais c’est la confirmation qui en est le plein développement, la perfection. La confirmation est le sacrement de l’accroissement de la vie surnaturelle. Ce sacrement perfectionne la grâce baptismale que nous avons reçue et fait de nous de parfaits chrétiens, c’est- à-dire des chrétiens qui ont les dispositions surnaturelles d’une manière pleine, parfaite, au point que le même saint Thomas dit que le confirmé ressemble à Notre Seigneur Jésus-Christ, plein de grâce et de vérité, donc parfait dans l’ordre surnaturel de la vérité et de la grâce, de la vertu.
Ce sacrement est ordonné au combat de la foi 
Et ce don du Saint-Esprit lui-même et cette effusion de la sainteté de l’Esprit Saint, nous les recevons en vue du combat spirituel, autrement dit du combat de la foi. Ce sacrement est ordonné à ce combat public, spirituel, de la foi, face aux ennemis de la foi et devant les persécuteurs de la foi. C’est là l’office propre du confirmé. Donc toute la confirmation est ordonnée pour ainsi dire à la foi, à la foi catholique, à la vraie foi, afin de la connaître, de l’aimer, de la pratiquer, de la vivre, de la défendre, de la propager. C’est ce sacrement qui nous donne les lumières pour approfondir, comprendre notre foi. Sagesse, intelligence, science, conseil, ce sont des dons ordonnés à connaître et goûter les mystères de notre foi. Et ensuite nous recevons aussi un surcroît de la vertu divine pour pratiquer cette foi, ainsi que la force, la piété, la crainte de Dieu, et « la charité qui est répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui habite en nous ». Finalement tout cela est ordonné à cette confession publique, à cette profession publique et à ce combat pour la vraie foi et pour la propagation de la vraie foi. Or, ce rôle est plus nécessaire que jamais, et dans la société, et dans l’Église  ; dans la société, car la foi disparaît de nos nations catholiques, jadis catholiques  ; et dans l’Église car il y a une crise de foi, une apostasie, même des autorités. Alors plus que jamais chaque confirmé doit défendre ce dépôt, le garder, le connaître, l’aimer, se battre, le transmettre, parce que c’est avec la foi que nous recevons tous les biens.
La foi est le principe et le fondement du salut
Et le concile de Trente le résume, disant que la foi est la racine, le principe et le fondement et de toute justification, et du salut. Donc c’est le fondement et de la vie de la grâce, la justification, et de la vie de la gloire, le salut. Et précisément c’est la foi catholique qui produit en nous les plus grands biens, et tout premièrement l’union avec Dieu. « Impossible de plaire à Dieu sans la foi », sans la vraie foi. Or, ce que fait la foi, c’est d’abord établir une union de l’âme avec Dieu. Selon la parole du prophète Osée : « Je t’unirai à moi, dit le Seigneur, dans la foi (Os. 2, 21). » Et cela est si important que l’apôtre saint Paul a pu dire ces paroles, donc qui sont des paroles de Dieu : « Tout ce qui ne procède pas de la foi est péché. » Saint Thomas d’Aquin cite saint Augustin qui explique cela, disant que là où il n’y a pas la connaissance de la Vérité éternelle et immuable, il n’y a que fausse vertu, même lorsqu’il y a les mœurs les plus pures. Il peut y avoir donc des actes en soi bons, dans l’ordre naturel, mais il n’y a pas cette ordination à Dieu qui se fait tout d’abord par la foi. Et donc, en tant que fruit de l’incrédulité, cela procède du péché. Voyez l’importance de la foi.
Un commencement de la vie éternelle
Ensuite la foi produit un autre fruit dans l’âme, et c’est un com- mencement de la vie éternelle, elle
nous donne un commencement de la vie éternelle, car la vie éternelle consiste dans la vision béatifique, donc dans la connaissance de Dieu. Et cette connaissance commence dans cette vie par la foi, même si c’est d’une manière imparfaite et en énigme. C’est pour cela que saint Paul définit la foi comme le fondement, la substance de ce que nous espérons, c’est-à-dire que la foi nous donne ce qui est le germe, l’ébauche, l’avant-goût de ce que nous attendons, que nous espérons avoir au Ciel, c’est-à-dire la vision de Dieu.
La foi ordonne notre vie
Ensuite la foi aussi nous permet de régler notre vie, d’ordonner saintement notre vie, car c’est à la lumière de la foi que nous pouvons éviter les maux, et pratiquer ce qui est bien. Le juste vit de la foi, la foi donc donne la vie à l’âme, c’est par là que cela commence. Et la charité opère par la foi, car il n’y a pas de charité sans foi. De même que la foi devient opérante par la charité, féconde par la charité, la charité opère par la foi. Le juste vit de la foi.
La foi nous protège face aux tentations
Ensuite la foi nous protège face aux tentations et aux adversaires. L'Apôtre dit aussi : « Les saints ont
vaincu les puissances par la foi, c’est par la foi que les saints ont vaincu les règnes et les puissances. » Et cela est vrai par rapport aux tentations du démon, du monde et de la chair. La foi est comparée par l’Écriture à un bouclier qui nous permet de nous protéger des dards enflammés que nous envoient le démon, le monde ou la chair. Saint Jean est très clair, «  c’est notre foi qui vainc le monde », voilà notre victoire. On peut vaincre le monde, ce monde au milieu duquel nous sommes, précisément par la foi. Pensez à sainte Jeanne d’Arc, par exemple.
   
Ensuite la foi purifie l’âme, élève l’âme, l’établit dans la crainte de Dieu. Ce sont deux fruits de la vertu de foi : la purification du cœur, et la crainte de Dieu.
   
Donc, c’est vraiment toute notre vie spirituelle, surnaturelle, et tout le combat spirituel de la foi qui est fondé sur cette vertu.
   
Et cette foi est renfermée surtout dans le symbole, le credo. Or, il y en a trois principaux : le symbole des Apôtres, celui de Nicée et celui de saint Athanase, qui est appelé le symbole Quicumque parce qu’il commence par cette parole, « quicumque ». Le premier, celui des Apôtres, a été établi pour nous en- seigner, nous apprendre la foi. Le credo de Nicée, pour l’expliquer. Et le credo de saint Athanase, pour la défendre. Alors je vous conseille, à l’occasion de cette confirmation, de relire ces credo, ces vérités de foi enseignées, explicitées, défendues, car vous trouverez là justement l’objet très relevé de notre foi et qui se résume dans le mystère de Notre Seigneur Jésus-Christ et le mystère de Dieu : le Dieu un et trine, l’unité d’essence et de substance dans la trinité des personnes. Ensuite les œuvres de la puissance divine, dans l’ordre naturel, surnaturel et de la gloire. Et puis le mystère de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Verbe fait chair qui est venu justement pour nous apporter tous ces dons de Dieu. Voilà notre credo, voilà les vérités que vous devez connaître, approfondir, aimer, défendre, vivre. C’est cela, être catholique, et c’est cela, être un soldat de Notre Seigneur Jésus-Christ. Et avec cette fidélité, on peut tout, car «si Dieu est avec nous, qui est contre nous?»
Le cœur de Marie, la tour de David
Donc en ce jour, chers confirmands, chers fidèles,  confions-nous tout particulièrement au Cœur de Marie afin de lui de- mander cet approfondissement de la connaissance de notre foi, cette fidélité pour la vivre, cette force, ce courage pour la défendre publiquement, et aussi ce zèle apostolique pour la transmettre, pour la répandre, pour la propager, afin que nous soyons vraiment persévérants. C’est la grâce des grâces, la persévérance, dans ce combat, dans ce beau combat, mais qui est extrêmement difficile. Nous avons reçu précisément le Cœur de Marie comme un refuge, comme une défense. Nous l’appelons «  Tour de David  », parce que sur la tour de David il y avait mille boucliers, c’étaient les boucliers de tous les vaillants des guerres d’Israël. Donc cette tour, qui est la Vierge Marie, était pour ainsi dire revêtue des boucliers de tous les bons soldats de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Demandons-lui de nous recevoir dans son Cœur et surtout de nous montrer dans cette vie, et ensuite dans la vie éternelle, Notre Seigneur Jésus-Christ.