12 juillet 2017

[Xavier Le Normand - I.Media] Il y a dix ans, Benoît XVI donnait un nouvel élan à la messe dite «de saint Pie V»

SOURCE - Xavier Le Normand - I.Media - via aleteia.org - 7 juillet 2017

Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI publiait le Motu Proprio Summorum Pontificum, pour libéraliser la célébration de la messe selon le missel d’avant le concile Vatican. Une décennie plus tard, le bilan apparaît positif.
  
16 Novembre 2013 : Messe d'action de grâce, en latin,

selon le missel romain de 1962, pour les 25 ans de la
Fraternité Sacerdotale Saint Pierre, présidée par l'Abbé
Vincent RIBETON, supérieur gal du District de France
de la FSSP. Egl. Saint Sulpice. Paris (75) France.
Le Motu Proprio est un des actes les plus marquants du pontificat de Benoît XVI, marquant la conclusion de longues discussions deux ans plus tôt, dès son élection. Avant 2007, la célébration de la messe saint Pie V était en effet régie selon les dispositions de la lettre circulaire Quattuor abhinc annos (1984) de la Congrégation pour le culte divin. Celle-ci stipulait notamment que les célébrations devaient avoir lieu « dans les églises et les chapelles que l’évêque du diocèse indiquera[it] (et pas dans les églises paroissiales, à moins que l’évêque ne le permette pour des cas extraordinaires) ».

Quatre ans plus tard, en 1988, après la rupture avec Mgr Marcel Lefebvre, Jean Paul II établissait la commission Ecclesia Dei, par un motu proprio éponyme, afin de « faciliter la communion ecclésiale » avec les fidèles catholiques attachés à la forme liturgique antérieure. Toutefois, la célébration de la messe tridentine était toujours soumise à l’autorisation de l’ordinaire du lieu, donc de l’évêque. Ce que le Motu Proprio de 2017 est venu abolir. Cela explique pourquoi, lors de la publication du Motu Proprio de 2007, certains – dont des évêques français – se sont inquiétés d’une perte de leur autorité en matière liturgique et d’un retour à la période d’avant Vatican II.
Un long cheminement
Avant la circulaire Quattuor abhinc annos, la célébration selon le missel de 1962, sans avoir été formellement interdite, n’était plus permise. Dans un livre de 1998 (Ma vie, souvenirs, Fayard) le cardinal Ratzinger rappelait qu’en 1970 les prêtres n’avaient eu que six mois pour passer d’un missel à l’autre. Et le cardinal d’ajouter avoir alors été « consterné de l’interdiction de l’ancien missel ».

Dix ans après le Motu Proprio, en 2017, la messe sous la forme extraordinaire du rite romain — c’est-à-dire selon le missel de 1962 — est célébrée dans 107 lieux en Italie selon le site summorumpontificum2017.org. Aux États-Unis ce sont 480 lieux de cultes en 2017, contre 230 en 2007. Quant à la France, 221 messes y sont célébrées chaque semaine selon le rite tridentin, contre 121 en 2007.